La confection d'un étui se fait en plusieurs étapes que je vais détailler :

Les étapes en images

Quelques étuis en cuir

Certaines étapes peuvent être omises en fonction de son goût. Je n'utilise pas de patron de découpe lors de l'élaboration des étuis. Son intérêt me semble limité dans ma façon de procédé. De plus chacun de mes étuis est différent et confectionné pour un seul couteau. Mais cette méthode n'est pas idéale car elle laisse beaucoup de chute  et n'utilise pas complètement le cuir.

Pour la confection de mes étuis, j'utilise des chutes de cuir que j'achète à des selliers professionnels. Le collet au tannage naturel non teinté a ma préférence. Les tannages au chrome et mixte donnent une rigidité dimensionnelle qui ne permet pas de mouler le couteau.
 

Le cuir mouillé permet de mouler l'étui autour du couteau. Pour protéger le couteau, je l'enveloppe dans du plastique alimentaire (cellofrais) pour éviter de dégrader la lame et/ou le manche surtout ceux en corne. Le plastique alimentaire est enroulé 2 ou 3 fois autour du couteau puis fermer aux extrémités ce qui permet un emballage étanche et moulé au plus près de sa forme. Mais ne laisser pas votre couteau plusieurs jours dans cet emballage, le risque de condensation est élevé.

Puis, je moule la face avant ou l'étui entier, suivant sa forme, avec le cuir qui a été coupé et détrempé largement. Un trempage prolongé altère la fleur. Lors du moulage, j'utilise des lissoirs confectionnés dans du buis. Ce bois est un des plus dur et ne se mouille pratiquement pas. Je fixe alors le tout sur une planchette de bois au moyen de pointes en dehors du contour du futur étui. Il est aussi possible de clouer sur la ligne de couture en utilisant les trous de fixations pour l'assemblage (utilisation de clous qui ne rouillent pas). Lors du séchage le cuir se rétracte, je déplace les pointes en fonction du retrait et j'ajuste le moulage. J'utilise lors des démonstrations en public un décapeur thermique réglable pour accéléré le séchage, mais ma préférence va au séchage à l'air libre. Après 2 ou 3 heures, le retrait du cuir est maximal et je laisse sécher 24 heures. Le lendemain, l'étui est décloué. Le cuir est devenu rigide et raide. Le moulage du couteau est permanent. On peut assouplir le cuir raidi en le passant doucement sur une arête arrondie de bois (exemple le dos d'une chaise) du côté de la croûte (opposé à fleur).
 

J'utilise une méthode pour repoussé le cuir, différente de celle décrite dans l'article sur le cuir repoussé. Elle a l'avantage de permettre de travailler sur des formes et d'adapter le motif à la forme de l'étui. Le cuir étant humide pour la réalisation des motifs, cette étape peut intervenir à différents stages de l'élaboration de l'étui : Lorsque le cuir est mouillé, il est possible de modifier son épaisseur par pression. Des fers confectionner dans de l'acier étiré, puis poli, me servent à enfoncer le cuir en suivant les contours d'un dessin. Le dessin est repassé plusieurs en fois en fonction du relief souhaité. Après séchage, le cuir garde définitivement l'empreinte aussi créée.
L'utilisation d'un couteau à ouvrir permet de renforcer l'effet de relief du dessin
  La découpe définitive de l'étui est entreprise pour éliminer les marques de fixations lors du séchage. Si l'étui est en 2 parties la face arrière est découpée aux cottes de la face avant. Puis la patte de fixation est façonnée. Pour ma part, j'utilise une patte de fixation en travers de l'étui qui permet de porter le couteau vertical ou horizontal sans le sortir de la ceinture.

La découpe n'est pas régulière malgré le soin apporté à sa réalisation. L'utilisation de tambours abrasifs "de marque Wolfcarft" adaptés sur une perceuse permet d'égaliser les tranches de découpe. On peut aussi utiliser un abat-carre et/ou un rabot de maquettiste (avec un lame de rasoir).
 

Ensuite, les différents éléments sont collé avec de la colle contact (colle néoprène). Je ne colle pas la patte de fixation, la colle contact abîme la fleur du cuir. Il existe une colle de positionnement que je n'arrive pas à trouver. La ligne de couture est tracée sur toute les faces avec un compas pointe sèche émoussé pour ne pas lésé la fleur. Les trous sont ensuite marquées à un espace régulier. J'utilise aussi le compas pour cette opération pour reporter chaque point et de chaque coté de la ligne d'assemblage.
Il existe une griffe munie d'une roulette pour marquer chaque point aussi que l'orientation de l'alêne. En effet, il est important de bien orienter les avant-trous faits avec l'alêne. Ceux-ci soit aligné de façon particulière pour augmenter l'épaisseur de cuir entre chaque point et éviter de le déchirer lors du serrage de la couture. Le sommet des tours fait par l'alêne hexagonale sont une zone fragile du fait de l'amorce de lacération provoqué par l'alêne.
La couture proprement-dite se fait avec deux aiguilles de sellier (un à chaque extrémité du fil). Un méthode de passage du fil dans le chat de l'aiguille permet qu'elles ne se défassent pas pendant le travail. Pendant le couture, vous pouvez utilisez un pince de sellier pour maintenir l'étui.
Je commence la couture trois avant la fin pour permettre de doubler les premiers points ainsi pour les points de fin de couture.